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Phil Read à Paris
Si on vous demande un jour
d’aller chercher Phil Read à l’aéroport de Roissy un
vendredi à 15 heures et de l’accompagner au salon Moto
Légende ? Que répondez-vous ? Moi, j’ai dit oui ! Read
est arrivé avec une petite valise sur roues et sa
casquette. Un signe et tout de suite un grand sourire.
Très décontracté. Quelques mots et direction le
parking. Read s’installe à l’avant droit, et après les
banalités d’usage, on se met à discuter. De moto ! Ca
n’a pas traîné. Passionné ! Je ne m’y attendais pas.
Il ne parle pas français, on a fait avec. D’abord, il
n’arrêtait pas de regarder les autres voitures, et
surtout dans le retro droit, un peu inquiet. Comme je
conduis doucement et normalement, il a commencé à se
retourner pour parler avec Jean Basselin. Nous
n’avions pas roulé 5 minutes qu’il lançait une vanne
sur Ago ! Incroyable. Pour lui, c’est vraiment un
sujet de rigolade. Il le vanne tout le temps. C’est
drôle et surtout impressionnant, quand on connaît le
niveau de ces deux pilotes. Un gamin. Il rigole pour
un oui ou pour un non, regarde les photos (de motos
bien sûr) qu’on lui montre sur un portable, et demande
plusieurs fois si on est à l’ouest, au sud, au nord ou
à l’est de Paris. Il faut dire qu’on a fait un grand
tour pour rejoindre l’autoroute de l’Est et éviter
ainsi les embouteillages. Puis il repart sur la moto,
vanne à nouveau Ago, et discute avec nous comme si
nous connaissions depuis toujours. On est arrivé à
l’heure et là, courant de sympathie tout de suite.
Disponible pour les photos, souriant, prenant tout le
monde par l’épaule. Chapeau. D’accord, il demande un
peu d’argent pour venir (plus les frais), ce qui est
normal, mais franchement, on en a vu prendre beaucoup
plus, être limite polis et s’en tenir au timing prévu,
rien de plus, bref le minimum pour respecter le
contrat. Phil Read a donné le maximum et de bon cœur.
Une anecdote. En arrivant, nous avons attendus
quelques minutes que la sécurité ait le feu vert pour
que nous rentrions avec la voiture. Le gardien est
sorti de sa guérite et s’est éloigné en discutant au
talky avec la direction du salon. Read a foncé dans la
guérite et en ressorti quelques secondes après. On lui
a demandé pourquoi. Il a répondu qu’il cherchait à
piquer des entrées gratuites ou des badges « exposant
» ! On était sidéré. Il n’y a que lui pour faire ça.
Toujours le premier jour, Daniel Adrien m’avait prévenu qu’il
y avait une première séance de dédicaces prévue avant
la fermeture. Peu avant, j’ai dit à Read qu’il fallait
qu’on y aille. Pas de problème. Et 25 minutes à signer
des affiches du salon. Mais il a 72 ans, et était un
peu fatigué. Alors, je l’ai reposé à son hôtel. Je
crois qu’il y est resté toute la soirée, pour se
reposer. Le lendemain matin, samedi, à 10 heures,
quand la réception l’a appelé, il est venu tout de
suite. Et il a à nouveau lancé une ou deux piques en
rigolant sur le grand Giacomo. Remarquez, s’il y en a
bien un qui en a le droit, c’est lui ! C’était d’un
drôle. On s’est donc baladé tout le temps dans le
salon. Photos, sourires, discussion avec des stands
anglais, mais pas que, et toujours un petit verre à la
main (plus vin que bière, bien que…) ! Moi, je restais
toujours derrière, ravi. Seulement, il a la faculté de
disparaître, de filer à l’anglaise, terrible. Tu
regardes à gauche ou à droite et il n’est plus là. Et
tu le retrouves sur un stand, en train de boire un
coup. Comment le repère-t-on ? Sa casquette…
Autre anecdote. Je
retrouve Read bien embêté devant un micro. Un
reporteur de Radio Campus (106.6 dans le Nord)
essayait de lui faire dire : « Bonne année sur Radio
Campus ». Pas gagné. Ca donnait : « Poun an raidio
campousse ». Alors le gars le faisait recommencer.
Read me regardait style HELP ! On s’en est tiré avec
juste un bonjour radio campus. L’émission moto de
cette station a pour nom « kiqincoup tetoupal », le
site www.k1c.free.fr. Ca sent la vraie radio libre,
comme début 80*. Un grand salut à Radio Campus. On
revient avec Phil Read. Le samedi, pour le déjeuner,
je lui ai demandé s’il voulait aller au restaurant.
Non, il a picoré sur le stand des amis de Gérard
Jumeaux. Puis, après la dernière séance de dédicaces,
nous sommes partis à Montparnasse, à la soirée d’Eric
Saul pour la remise des prix de l'ICGP (International
Classic Grand Prix), les fous de TZ. A l’aller, dans
les encombrements sur le périph, Read a parlé de la
crise, demandant pourquoi en France, il y avait autant
d’aides, et des manifestations. Je lui ai répondu
qu’on était comme ça. Mais comme c’est le chantier
aussi dans son pays, on en a conclu que c’était
partout pareil mais d’une manière différente ! Puis
Phil Read a eu une phrase surprenante : « Je suis plus
populaire en France qu’en Grande Bretagne ». Je lui ai
demandé pourquoi. Il m’a répondu qu’outre-manche, il
n’y avait pas de salon comme Moto Légende (qu’il a
trouvé « organisé de manière très professionnelle »).
Il a ajouté qu’il y avait bien sûr beaucoup de
réunions mais, en fait, d’après lui, il y a ce
que l’on appelle chez nous des « bourses » et des
courses presque de « village ». Mais pas de grand show. Notons qu’il met à
part le TT, qu’il vénère mais qu’il trouve dangereux.
Au fond, ce n’est qu’une déduction, mais je crois
qu’il a senti chez nous, non pas de la ferveur, il ne
faut pas exagérer, mais du respect, de l’admiration,
et énormément de joie à nous rencontrer tous. Il a
vraiment apprécié. Je l’ai quitté devant son hôtel
vers 1 heure et demi du matin. Je lui ai dit que pour
moi, c’était terminé. Il m’a remercié et je crois que
c’était sincère. C’est Read quand même, il n’en a rien
à faire de moi ! Mais c’était chaleureux. Ou alors,
c’est un grand acteur. Le dimanche matin, Daniel est
venu le chercher, il a signé une dernière fois et vers
midi, comme c’était prévu, il a pris un taxi pour
Roissy. Au revoir Monsieur Read. J’ai un regret. En
allant à la soirée de Saul, il m’a demandé où étaient
les Champs Elysées. Je lui ai dit à un quart d’heure à
peine. Mais nous n’avions pas le temps. Aussi, je vais
lui faire savoir que si, un jour, il repasse par
Paris, je suis libre quand il veut pour aller sur les
Champs, puis à Notre-Dame, à Versailles, voir les
châteaux de la Loire, etc. ! Pas de problème. C’était
sûrement un bad boy, un provocateur. Certains ne
l’aiment pas. Mais nous avons tous vu un homme
charmant. Une histoire circule sur son « après »
carrière. Il se serait retrouvé coursier à moto à la
BBC. Plus une livre ! Jacques Bussillet, qui est l’un
de ses amis, le sait sûrement. Nous avons aussi parlé
vies privées. Je lui dis : « J’ai cinq petits enfants
». Read me regarde et assène : « Moi, six ! ». Et je
lui réponds : « Read, first ». On s’est marré. Il y a
trente ans, Olivier Chevallier m’avait demandé d’aller
chercher Mike Hailwood à Roissy. Olivier avait invité
le Grandissime pour un salon à la Porte de Versailles.
J’ai donc été chauffeur et accompagnateur deux fois
dans ma vie. Une fois pour Hailwood, une fois pour
Read. Pas mal, non ? Une chose encore. Pour moi, Read
était manifestement heureux à ce salon Moto Légende
2010. J’ai le même souvenir pour Hailwood. Il avait un
grand sourire, tout le temps. Il n’est pas certain
qu’il y ait beaucoup de sports, de disciplines, où des
champions de légende montrent ainsi leurs sentiments.
Soyons sûrs qu’aux yeux de ces deux hommes au talent
inégalable, nous n’étions pas et nous ne sommes pas
que la « base », que des « anonymes », juste bons à
payer un ticket d’entrée. Nous étions et nous sommes
leur famille. Qu’ils en soient remerciés.
François Gomis
P.S. : Quel est le point
commun entre l’auteur de ses lignes, Georges Martin,
Eric Saul et Yves Evrard (voir photos) ? Le Moto Club
des Cheminots Sportifs de Paris (1969/1970).
*A propos de radio libre,
vu au salon Le Michel Bidault. C’est de ma faute
(humour) s’il est arrivé dans la presse moto. On
raconte. Dominique Duvauchelle, formidable journaliste
sportif d’Antenne 2 (dirigé par Robert Chapatte),
avait monté sur ses loisirs et pour le plaisir Radio
Créteil, une petite radio libre associative à Créteil
(94) en 1981. J’avais connu Dominique au Mans en 1978.
On était bien copains. C’était un type extra, un pur.
J’avais une petite tranche d’antenne sur sa radio. Et
devinez qui était aux manettes en technique : Michel
Bidault ! On a sympathisé et Michel a connu comme ça
la bande de Moto Journal. Dominique Duvauchelle a
disparu accidentellement (15 mars 1982). Le stade de
Créteil porte son nom.
Légendes photos Envoyé PAR
TELEPHONE A peine quitté l’aéroport de Roissy, Phil
Read raconte que lors d’un Grand Prix, il avait laissé
gagner Agostini. Read précise que sa moto était un
trop légère et que, s’il gagnait, sa moto allait être
pesée et il serait disqualifié perdant ainsi beaucoup
d’argent. Alors qu’en terminant second, pas de
vérifications ! (Images téléphone prises par FG en
conduisant, ce qui n’est pas bien du tout…).

Pour éviter la fauche, la
bulle.
cliquez
pour agrandir les photos
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Phil Read sur le
stand des Amis de Gérard Jumeaux. Aisément
reconnaissable de dos à sa casquette et à ce
qu’il tient dans la main droite (cela doit être
du rosé) ! |
Phil Read retrouve
Jacques Bussillet sous les yeux de Daniel
Adrian. |
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Jean-François Baldé
en grande discussion. Eric Saul, diplomate, ne
dit rien. |
Une Rickman Jawa !
Pas la plus belle, mais on était un paquet à la
regarder. |
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BMA type A (c’est
marqué dessus !). Magnifique. |
Attention, pas
homologué ! |
Les vidéos
Légende de la
vidéo de Phil Read en voiture : A peine quitté
l’aéroport de Roissy, Phil Read raconte que lors d’un
Grand Prix, il avait laissé gagner Agostini. Read
précise que sa moto était un trop légère et que, s’il
gagnait, sa moto allait être pesée et il serait
disqualifié perdant ainsi beaucoup d’argent. Alors
qu’en terminant second, pas de vérifications ! (Images
téléphone prises par FG en conduisant, ce qui n’est
pas bien du tout…).
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