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www.bike70.com : le site des pilotes motos et courses de légende - webmaster Francis Boutet
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CETTE ANNEE LA : Revivez les principaux événements de ces années là. Sport, actualité, cinéma, musique et bien entendu moto. De nombreuses photos, liens vers des sites, documents d'époque. |
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Pilote de Légende : Christian Ravel - Né le 7 août 1948
mort en course le 4 juillet 1971 lors du GP 500 de SPA
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Christian Ravel, un nom que les plus jeunes ne connaissent
pas. Pourtant au début des années 70, c'était l'un des plus grands espoirs de la
moto française. Certains voyaient même en lui le futur et premier Champion du
Monde français. Il fut également l'un des premiers pilotes moto à faire parler
de lui dans les grands médias. Pour beaucoup de motards de cette époque
Christian est devenu un mythe.
EXTRAIT de LA MOTO N°2 (1970)
"Christian Ravel se sent bien dans sa peau, à 12 ans lorsque son père
l'emmenait à Montlhéry il s'était déjà dit qu'il courrait, à moto ou en voiture,
qu'importe mais il serait pilote. Aujourd'hui, à 22 ans, c'est chose faite.
Certes il court depuis six ans mais jusqu'alors il considère qu'auparavant ce
n'était pas sérieux, plutôt de l'amateurisme. Et pour lui la course ne tolère
pas de s'y engager à demi. A présent il est pilote à part entière sans aucune
autre contrainte professionnelle. Il s'explique : " On ne peut mener
sérieusement une carrière de coureur, c'est-à-dire participer tous les dimanches
à des épreuves et s'y rendre, quelque fois fort loin, et occuper un autre
emploi, même si c'est un emploi de complaisance. Et tenter d'accéder à un vrai
niveau international demande de se consacrer entièrement à cela ".
Si Christian Ravel n'avait en tout et pour tout gagner que le championnat de France des 500 cm3 il ne se distinguerait guère des dizaines de champions qui meublent de leurs noms nos tablettes nationales mais à l'entrée de la saison 1970 il fit déjà valoir ses intentions et ses possibilités qui promettaient mieux en s'imposant dans le Critérium international du Mans, face à d'excellents adversaires étrangers et sur le long circuit détrempé de la Sarthe. De
surcroît, tandis qu'il forgeait sa première grande victoire, il s'initiait au difficile pilotage de la 500 cm3 Kawasaki H 1 R qu'il avait reçue la veille. " Ce n'est pas une machine facile à mener, avoue-t-il, elle est haute et d'un bon poids, de plus il y a des chevaux (70), pas très dociles, son moteur est beaucoup moins souple que celui de la MV, j'ai eu l'occasion de m'en rendre compte en roulant à côté d'Agostini ; c'est un deux temps, si l'on n'y rend pas garde il s'engorge très vite. "
Bien avant la fin du championnat de France Christian Ravel brandissait un titre qu'aucun de ses rivaux nationaux ne pouvaient plus lui contester. Huit jours après Le Mans c'était une autre victoire à Montlhéry, aux Coupes Eugène Mauve, puis encore un autre succès international à Bourg-en-Bresse où rarement un Français gagna en 500 cm3.
Ensuite Christian Ravel piétine un peu dans sa course au titre
tricolore à la suite d'un ennui d'allumage aux Trophées de vitesse à Montlhéry
et d'une chute à Clermont-Ferrand mais à Montlhéry, pour le Critérium, il
retrouve le bouquet du vainqueur. C'est alors l'entracte de la saison en France
mais pas pour le nouveau champion qui considère que la vérité se tient dans les
Grands Prix des championnats mondiaux. " Là tout y est différent, c'est
difficile à expliquer, la course prend une autre dimension ; il faut jouer
serré, se battre contre des adversaires qui en veulent et surmonter toutes
sortes de difficultés de pilotage que l'on ne trouve pas sur nos circuits".
Christian Ravel connut sa période " chien-fou ". Il le reconnaît en soulignant
qu'il courait pour s'amuser.
C'était en 1964 quand il débuta avec une 250 cm3 Yamaha YDS 2 aux Coupes du Salon, en 1965, aussi avec la même moto de formule sport. Ce caractère un peu turbulent lui valut néanmoins le championnat de France des 250 cm3 en 1966, gagné avec une Ducati Mach 1 et une Yamaha prêtée par Weiss.
Les trois saisons suivantes il vagabondera, passant un instant au service de l'importateur des Aermacchi puis aux Yamaha du même Weiss, au 50 cm3 Kreidler 12 vitesses avec lequel il court son premier GP de France à Charade (c'était le 50 Kreidler d’Anscheid qui possédait deux boites, l’une au pied, l’autre à la main) et à la 500 cm3 Velocette qu'il réussit à imposer à la victoire aux Coupes de Paris, ce qui est rare pour ce mono anglais. Toutes ces courses lui ont permis de se débarrasser de sa fougue et il se stabilise.
En 1969 il juge avec plus de pondération la compétition et l'avenir. Il est engagé par l'écurie Yamaha-Sonauto pour courir dans trois classes ; en fait il pilotera surtout la 250 cm3 avec laquelle il accède à la place de vice-champion derrière le N' 1 de l'équipe, Jean Auréal. Avec cette Yamaha il aura pu aussi participer à trois grands prix. Désormais,
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et c'est là le tournant de sa carrière, c'est en professionnel qu'il veut aborder la compétition. Les 1 000 km du Mans lui ouvrent cette voie. La Sidemm, importatrice des Kawasaki, représentée par Xavier Maugendre, lui propose d'y piloter une 500 cm3 Mach IIl avec Tébec.
C'est la victoire et un pied dans cette écurie qui la saison
suivante, en 1970, va recevoir deux H 1 R. Ce programme se concrétise lorsqu'une
bonne fée, en la personne de Danièle Baranne, décide que sa société, bien connue
pour ses pâtes d'entre- tien des cuirs, apportera son concours à ce team.
La H 1 R bien en main, le titre national en poche, Kawasaki-Baranne derrière
pour les problèmes matériels, moins de fougue et plus de métier, Christian Ravel
se retrouve en juillet ce qu'il a toujours rêvé d'être : un professionnel parmi
les professionnels. Et d'entrée c'est un succès inespéré avec une place de
second au GP de Belgique, sur le circuit de Francorchamps, déjà l'un des plus
difficiles en lui-même mais d'autant plus terrifiant lorsqu'il pleut comme
c'était le cas.
Fort de cette expérience probante il enchaîne GP sur GP dont il découvre les circuits les uns après les autres. Aux premiers essais de l'Allemagne de l'Est, sur le Sachsenring, il réalise le 18e temps et prend le départ avec le 14e.
Mais en course - il a alors eu le temps d'assimiler ce circuit - il tient la 3e position jusqu'au moment où quelques ennuis mécaniques le relèguent à la 5e place, un classement unique pour un Français depuis fort longtemps dans ce GP. En Finlande il était parti pour signer un exploit. Durant les trois premiers tours il tient tête à l'invincible Agostini, ouvrant la route devant Molloy et le champion italien. Ceux-ci parviennent à le passer mais Ravel s'accroche à cette troisième position quand un piston percé lui impose l'immobilisme.
A la cotation de la bourse des pilotes chaque grand prix lui
vaut quelques points supplémentaires. Tout en explorant le circuit de Dundrod
aux essais de l'Ulster GP il réalise le 6e meilleur temps après seulement cinq
tours ; c'est là la preuve d'un certain métier, probable- ment aussi d'un don.
En course il réalisera le 3e chrono " au tour derrière Agostini et Molloy avant
de connaître le plus mauvais souvenir de ses 22 printemps. Sur le 5e rapport de
la boîte de vitesses, à pleine ouverture de gaz, à 9 500 tr/mn, soit 240 km/h
environ - l'Ulster exige une démultiplication presqu'aussi longue que
Francorchamps, une dent en moins - la Kawasaki décolle sur une bosse, comme à
chaque tour, mais à celui-ci lorsqu'elle se repose elle se bloque sur sa roue
avant et son pilote est éjecté instantanément. Ravel ne saura jamais ce qui se
passa, et il suppose que la roue avant n'était pas parfaitement en ligne
lorsqu'elle reprit contact avec le sol. Mais il est satisfait de pouvoir
raconter cet accident qui heureusement ne se solda que par une blessure au pied
qui vint heurter l'un des arbres qui bordent la route. Malgré ce souvenir acide
Christian Ravel préfère des circuits routiers comme ceux du Sachsenring, de
Francorchamps ou d'Assen, à ceux artificiels et dessinés de toute pièce, tels le
Castelet ou le Bugatti. " Les pilotes y sont nivelés par les caractéristiques
des courbes et du tracé. D'ailleurs ces circuits se ressemblent beaucoup
entre-eux. Je ne dénie pas leur principale qualité : la sécurité qu'ils
apportent aux pilotes mais je préfère les vrais circuits routiers et leurs
difficultés en tous genres. Là, en plus du pilotage, il faut qu'un coureur serre
les dents et sorte ce qu'il a dans le ventre ; la sélection se fait. "
Aurions-nous retrouvé, quelque vingt ans après Jacques Collot, un pilote
français bien trempé comme le fut le coureur vésulien ? Si tel est le cas
Christian Ravel ira loin car pour s'imposer au sommet international des 500 cm3
il faut une âme forte... et une bonne moto."
Ensuite il y eu cette terrible année 1971 ... Christian nous pensons encore à toi.
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Quand les HIR
sont apparues (1970), Xavier Maugendre
a décidé de fonder une écurie financée par la SIDEMM et Danièle
Baranne, avec comme pilotes, Christian et Eric.
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Les H1R en France 1970 : Commandées par la SIDEMM au Japon N° 90056/90055 : Ravel (puis Bétemps, puis Bol d'Or) N° 90058/90056 : Offenstadt (puis Chamard, puis Besse) N° 90062/90066 : Ravel (puis Guignabodet, puis musée SIDEMM) N° 90064/90064 : Bétemps (puis Rougerie, puis Hordé, puis Bexin) N° 90061/90061 : Paba (puis Delrieux) 1970 : Achetées aux USA N° 90030/90030 : Appieto (puis Moser) N° 90009/90120 : Guénard (puis Guignabodet, puis Donguy) 1971 H1RA N° 90082/90032 : Ravel (puis Guignabodet) N° 900081/90....: Offenstadt 1972 H1RA 72 N° 102/90132 : Passet (puis SIDEMM) N° 90105/90150 : Bétemps (puis Martin N° 90098/90147 : Guignabodet
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Témoignage de François Beau sur la dernière course de
Christian Ravel.
"Ago était mal parti mais à la mi-course avait repris
l'avantage, et était détaché devant. C'était donc une course pour la seconde
place entre Offenstadt, Christian et Findlay. Christian arrivait en tête au
virage de la source, et se faisait passer à chaque freinage par Eric, qui avait
des trajectoires différentes. Eric passait à chaque tour en tête du groupe
devant les stands qui se trouvaient, à cette époque, dans la descente, après le
virage de la source. Son mécanicien Bernard Fargues, (si je ne me trompe
pas,….et je ne pense pas me tromper, il a été le mécanicien de Michel Rougerie
après), lui faisait signe de s'arrêter pour ravitailler quant il passait devant
les stands, étant conscients tous les deux, que la Kawa n'aurait pas assez
d'essence pour terminer la course. On suppose que Christian voulait passer
devant les stands en seconde position pour pouvoir dire " quand je me suis
arrêté pour ravitailler, j'étais en seconde position derrière Ago ". (Agostini
était loin et Christian n'était pas en bagarre avec lui). Il a retardé le plus
possible son ravitaillement et a dû vouloir prendre de l'avance après le virage
de Stavelot, une des partie la plus rapide du circuit. Il a serré dans les
grandes courbes de Blanchimont qui passent pratiquement à fond avant la source.
Sa moto a rebondi sur les bottes de paille, est passée entre Eric et Findlay en
bagarre (dires d'Eric et Jack). Christian a été emmené à l'infirmerie ou il est
décédé peu de temps après, mais il n'y avait de toutes façons aucun espoir, le
choc ayant été trop violent. 240 km/h dans des bottes de paille….. Christian
était un très grand pilote, qui avait un pilotage très différent de celui d'Eric
qui était beaucoup plus en finesse."
François Beau.
Son ami, Thierry Gore, nous parle de Christian
" Christian était un "lion" (5 ans de moins que moi donc devait être né en 49 ou
50 à Montlhéry ou Longjumeau) Il a un frère Didier qui habitait sur la RN20
après Montlhéry à 100 m de chez sa mère et de Christian.
Après avoir pulvérisé une "Manx" à Albi, en 1965 j'ai acheté la première
compétition client Yamaha TD1A, (j'avais déjà une YSD2 pour rouler tous les
jours, rachetée à Claude Vigreux un autre pote). C'est comme cela que j'ai connu
Christian, il venait tourner à Montlhéry avec une vieille Triumph et bavait
devant ma Yam......
Il n'avait pas encore l'âge de passer son permis.
J'ai trouvé qu'il marchait très fort et nous nous sommes liés d'amitié, il
vivait chez sa mère (RN20) avec sa future femme Nicole.
La TD1A ayant des problèmes de jeunesse (la machine permettait de faire 1 tour
en tête mais le vilebrequin ne voulait pas en faire plus et la queue du vilo
cassait net). Sonauto me "gonflait" en disant que c'était de ma faute, aussi à
Cognac, j'ai prêté la TD1 à Daniel Lhéraud, bien que partant en dernière ligne
car il n'avait pas fait les essais, il était en tête eu premier passage et la
vilo a cassé au 2ème tour !!!
Weiss qui faisait courir Lhéraud a acheté 2 TD1C et j'ai beaucoup insisté pour
qu'il prête une Yam à Christian, ce qui a permis à Christian de faire des
places. Ensuite, je suis intervenu auprès de Jean Claude Olivier pour qu'il ait
une Yam et ce fut le cas, Auréal ayant la 2éme machine.
Puis il y a eut la Sidemm avec Xavier Maugendre et la fin que vous connaissez.
En 1971, ils avaient des problème de réservoir notamment à Spa, il fallait
mettre un dosseret de selle faisant office de réservoir ou choisir de
ravitailler. Comme l'année précédente (1970) Christian sous la pluie était resté
collé aux basques d'Ago, quand le stand lui a indiqué de s'arrêter pour
ravitailler, et étant dans la roue d'Ago, il ne l'a pas fait et a serré dans le
rapide. Après avoir eut Nicole au téléphone, je suis monté à Spa illico.
Christian avait été poursuivi par ses études, de famille très modeste, mais très
doué non seulement en pilotage mais en relations publiques (il passait
pratiquement tous les soirs à la radio dans différentes émissions dans
lesquelles il s'invitait et réussissait à placer le nom de Baranne.....José
Arthur. Il a même eut une double page dans l'Huma Dimanche .....
Dans les pilotes qui étaient aussi ses potes de virée et de 400 coups
etc... Il y avait André Luc Appieto, Patrick Depailler"
Thierry Gore
ARTICLE DE PRESSE DE L'EPOQUE
SPA-FRANCORCHAMPS,
4 juillet 1971
L'EVENEMENT principal de ce Grand Prix est tragique... L'accident mortel de Christian Ravel survenu dans 1 l'avant-dernier tour de la course des 500 cm3. Pourquoi ? On pense avoir une explication. Dans une courbe vite (210-220 km/h) le moteur s'est arrêté : panne d'essence. A cette vitesse Christian était en accélération, donc en appui puis, plus rien, moteur coupé. La moto alors à la limite d'angle devient incontrôlable... et c'est la chute dans les rails dits " de protection ". Ce drame, la mort d'un pilote, se produira trois fois cette saison. A Spa, au Sachsenring et au TT bien entendu. C'est à ces moments, toujours, que l'on constate le manque de sécurité sur les circuits motocyclistes... mais rien de sérieux n'est entrepris pour y remédier. Il faut bien dire que les premiers intéressés, les pilotes, n'ont pas, en permanence, conscience des dangers qu'ils courent ....
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