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www.bike70.com : le site des pilotes motos et courses de légende - webmaster Francis Boutet
Pilote et personnalité de Légende : Eric Offenstadt
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CETTE ANNEE LA : Revivez les principaux événements de ces années là. Sport, actualité, cinéma, musique et bien entendu moto. De nombreuses photos, liens vers des sites, documents d'époque. |
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1969 |
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1971 |
1972 |
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Pilote de Légende : Eric Offenstadt
Bio et palmarès d'Eric Offenstadt
INTERVIEW REALISEE EN JUILLET 2009
FB : Eric, peux tu te présenter
EO : Je suis né avec la seconde guerre mondiale, qui s’est
empressée de tuer un capitaine de char en Lorraine, mon père, en mars 1940…
j’avais trois mois. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été vieux…
et à 7 ans mes parents m’appelaient « grand-père ». A 30 ans, pour mes débuts en
GP moto j’étais Pépé. A 62 ans, je suis devenu papitou pour ma petite fille
Cassandra… Même ma fille cadette (19 ans) et mon fils m’appellent maintenant
papitou !
FB : Parle nous de ton début en moto
EO : En 1959, élève de Sciences expérimentales au Lycée
français de Barcelone, je fais 4 fois par an le voyage Paris/Barcelonne avec ma
Royal Enfield « Crusader », quand à la fin de l’année scolaire, chez PSALTY,
l’importateur, je tombe sur un lascar qui me dit : Je cours sur la même moto que
vous : « pourquoi vous ne la faîtes pas préparer » ? Moi : « Vous courrez après
qui ? »… Je ne savais même pas que les courses de moto existaient ! Première
course Coupes de Paris, je me traîne et mon copain Emmanuel Zurini me tend un
panneau : « PINCE ! ». Seconde course, aux coupes du salon, je finis second de
BARGETZI sans jamais essayer de le doubler… sans même y penser !
En 1960, je revend ma Crusader, et achète un Settebello… LA moto de l’époque et
c’est Marcellino HERRANTZ, un super mec, qui m’apprend à préparer un moteur…
alors que nous étions les deux adversaires directs. La chevalerie, ça existait
encore !!!! La course qui m’a marqué dans cette période moto « amateur » c’est
ma victoire avec la 125 desmo Ducati ex-usine de GARREAU aux coupes du Salon 62.
Je m’en souviens parce que j’ai doublé JPB à l’extérieur dans la ferme. Cela m’a
valu une page couverture dans Moto Revue … je crois me souvenir ?
FB : Ton passage à l'automobile ?
EO : En 1963, j’avais le choix : Passer en GP moto ou
m’essayer en monoplace. L’investissement n’était pas très différent et le début
en GP d’un pilote privé face aux usines pas évident, alors j'ai choisi la course
auto ..
FB : Une anecdote ?
EO : La fin de ma carrière Auto s’est matérialisée avec la
PROTOS, une voiture a châssis en bois !!! Au Nurburgring (Südschleiffe), je vois
Jim Clark dans mes rétros, aux essais, je le laisse passer dans le but de
prendre ses roues… Mais dans ses roues, il y avait Graham HILL et nous allons
tous les deux gôuter aux buissons et végétations diverses de la région. Je suis
couché dans l’herbe sous la voiture qui m’a écrabouillé le nez et avec l’essence
et le sang qui me dégouline sur la tronche. Je me dis « Quand je vais entendre :
Woufffff ! Çà va faire un joli feu de bois».
FB : Les pilotes qui t'ont marqué en auto ...
EO : Les pilotes qui m’ont marqué en Auto : Jacky Stewart que j’ai battu une
paire de fois en F3 comme en F2. Un homme doté d’un cerveau d’une redoutable
efficacité. Jochen RINDT, le seul champion de monde de F1 à titre posthume et
mon coéquipier chez LOTUS, l’adorable et timide Jim CLARK : Les dons à l’état
pur
FB : Ton retour à la moto ?
EO : ... Après çà, les écuries de plus en plus mauvaises où
fauchées et les résultats qui s’en suivent font que pour 1970 j’ai le choix de
redescendre en F3 avec une auto d’usine ou de me faire prêter une H1R par mon
copain Maugendre, a qui je dois ma carrière moto, pour entamer une aventure en
GP…. A 30 ans ! d’où mon nom de guerre : Pépé. Maugendre nous dégotte un
sponsoring, Ravel et moi. Nous faisons ainsi la connaissance de la très
sympathique Danièle Baranne. Je ne vous raconte pas les commérages du « paddock
» sur le premier véritable sponsoring en moto !
Première course NOGARO. En l’absence de Ravel, je fais la pôle. Tout à ma joie,
je me balade dans le paddock et je vois une « cercle » de pilotes en plein
conciliabule, dont mon vieux copain (de 8 ans avant en national) : Jacques ROCCA
!
Salut Jacques… Que se passe t’il ? Lui : « Tu sais très bien ce qu’il y a ! »
Moi : Non, dis-moi ! Lui : « Ca va, ne fais pas le malin ! » Moi : Mais dis-moi,
enfin ! Lui : « On sait bien que tu as acheté les chronométreurs ! »
L’intru, le traître qui était partit en Auto et qui avait le culot de revenir
avec une moto « fournie » et un sponsor « offert » ne pouvait pas avoir fait la
pôle… c’était évident !
Je crois que si je n’avais pas largué tout le monde le lendemain, avant
d’abandonner sur une panne de ???... le doute serait resté !
Mon H1R n’allait pas très vite et j’étais régulièrement derrière Christian
(meilleure place de l‘année 4ème à IMATRA). Il fallu les 1000km du Mans sur la
même moto préparée par son mécanicien le génial Paul Guylay, pour que je
m’aperçoive que je pouvais aller plus vite que lui. Course où nous tombons en
panne dès les premiers instants, perdons un grand nombre de tours et Christian
refuse de remonter sur la moto. Je prends donc sa place sur l‘H1R. A la fin de
1er relais Xavier Maugendre me dit : « Il est toujours en crise de nerf, repart
! ». A la fin du 2eme relais, Xavier dit : « Fait encore un relais, si tu prends
la tête de la course, il ne pourras plus refuser de prendre le guidon. J’ai pris
la tête, non sans avoir tapé le record du tour 500 GP d’Ago… Il a accepté de
terminer. !
FB : Tu as commencé à améliorer tes motos avec l'H1R ...
EO : L’H1R était une mauvaise moto : Lourde, pointue, fragile.
La fréquentation de mes maîtres Colin Chapman (Lotus), Robin Heard (McLaren) en
auto, me conduit en 1971 à faire un cadre monocoque (plus rigide, plus léger,
plus compact et avec, bien sûr des freins a disques). Je place intuitivement le
moteur plus en avant. Début 1971 PERSONNE n’utilisait plus de freins à disque
jugés par la paddock être de « simples ralentisseurs pas assez puissants ».
Cette monocoque restera « dans le coup » jusqu’en 1973, ma dernière saison en
GP. Pour 1972 je dessine des roues à bâtons SMAC. La presse publie des articles
mettant en évidence l’échec des roues de Peter Williams « parce que trop rigides
» et à Daytona, j’ose même des pneus sans chambre (avec valves de Mini Cooper)
malgré l’avis de Michelin. Moteur H2 maison et pots de détentes maison me
permettent un 3ème chronos derrières les Suzukis « liquides » et devant les Kawa
usine. Ma boite se bloque alors que j’étais 3ème…
En 1973, le moteur H1R trop lourd, fragile et avec les effrayantes inerties
gyroscopiques de son vilo… me conduisent à demander à GARI de couper un cylindre
du 750 pour faire un TWIN 500cc, je lui dessine aussi une joli boite 6.
L’ensemble est minuscule, fait environ 105 kg et a sa 1ère course au GP de
France, finit 4ème devant toutes les H1R… en étant partit bon dernier. En ligne
droite à Hockenheim elle pouvait se faire aspirer toute la ligne droite par les
« 4 pattes » à refroidissement liquide. Défaut : Trop fragile, le vilo dérivé du
H2 de série.
FB : Les pilotes qui t'ont marqué en moto ...
EO : Les pilotes qui m’ont marqué : Phil Read, Ago, Saarinen,
Sheene, Raymond Roche et ceux que j’ai le plus aimé : Appietto, Christian
Huguet, Christian Léon, Philippe Coulon. J’avais aussi beaucoup d’estime pour
notre vice champion de monde 125 sur la Pernod : Guy Bertin.
FB : Tes meilleurs souvenirs motos ?
EO : Mes meilleurs souvenirs motos sont toujours liés aux
réactions chaleureuses du public qui à l’inverse du « paddock » m’a toujours
soutenu à fond. L’ovation des Allemands de l’Est après ma bagarre avec Ago en
72. Celle des spectateurs massés dans la tribune du Bol d’or quand j’ai démarré
la 500 HO d’Eric Saul… qu’Hogrel n’arrivait pas à démarrer tout seul. Leur
gentillesse permanente tout au long de ces années.
Aussi à quelques moments de bravoure comme le freinage de la source au 1er tours
à SPA où j’arrive 6 derrière Findlay, Marzowski, Ravel, Pagani, Ago… et ressort
1, ou le Village au « S » du village du Sachenring ou j’ai passer Ago sur les
pavés mouillés.
Enfin quand mon moteur « fait à la main et séché à l’éventail » de 400 RD avec
cylindres de TZ suivait sans problèmes les Honda d’usine sans prendre plus de
8500 T/M aux essais du Bol d’OR.
Bio et palmarès d'Eric Offenstadt
FB : Tu arrêtes le compétition comme pilote fin 1973, pour
te consacrer à la préparation...
EO : Mon arrêt de la compétition en tant que pilote
(1970/1973) à laissé place tout naturellement à mes réalisations en tant que
préparateur (moteur de Christian Léon champ. d’Europe) et concepteur.
En 1974, c’est la sortie des cadres cantilever avec poutre en alu coulé (11
pièces), je lis çà et là que l’alu ne pourra, résister aux vibrations et que le
cantilever crée des efforts insoutenables sur l’axe de bras oscillant… un
certain nombre tournent encore ! Tony Rutter, deux fois champion d’Angleterre et
Victor Palomo 3 podiums en GP sont les plus représentatifs des « acheteurs ».
(Collaboration avec Motobécane, je promet 32 cv d’un moteur à eau dérivé du
moteur standard et obtient 31,8cv. C’était une folie dès le départ.)
FB : Parles nous de la BUT
EO : Pour la première fois, la suspension de la H.O. à
flexibilité variable et bras tiré, m’oblige à me pencher sur les épures de
suspension et à ne plus travailler empiriquement comme c’est l’usage en moto.
La BUT à été une suite d’erreurs sans fin. Projet trop ambitieux pour le montant
du budget. Choix d’un jeune pilote inexpérimenté pour faire le mise au point en
1978. Choix d’une écurie extérieure en 1979 ; écurie qui s’est contenté de
croquer le budget sans jamais se servir de la BUT. La presse enthousiaste au
moment du lancement s’est très vite lassée du manque de résultat sans jamais se
demander pourquoi. Et la BUT est devenue la risée du paddock qui prenait enfin
sa revanche, entraînant la presse avec elle.
Voyant qu’Olivier Chevallier n’honorait pas son contrat, nous sommes allés
récupérer la Moto sous une bâche avant le GP de France au Bugatti, avons juste
eu le temps de changer les pneus de l’année précédent et les amortisseurs et
Guilleux se fait aux essais un 7ème temp en 350 et un 12ème temps en 500 avec la
« grand mère » : le TWIN HO à base 400 RD dans la vieille poutre en alu. En
disant : « En 500, je me suis baladé, j’ai une seconde sous dans la poignée ! ».
Les deux 500 HONDA d’usine (l’autre moto révolutionnaire) ne se qualifient pas.
Mais dans la presse la HONDA fait 8 pages… Hervé casse un piston en 500 et finit
4ème après une bagarre de toute la course avec le champion du monde en titre :
Walter VILA en mettant un tour à Olivier ! La performance de la « risée du
paddock » n’est cité sans aucun organe de presse. A la suite de ce « silence
radio » la Sté BUT décide alors à juste titre d’arrêter les frais et Guilleux
finira la saison avec Emmanuel Lorentz, son seul et unique mécanicien bénévole
de 19 ans. Un proto aussi complexe nécessiterait aujourd’hui au moins 10 mécanos
et quelques ingénieurs… et moi je travaillais déjà ailleurs.
C’est après l’aventure de la BUT que je me suis réellement mis a étudier les
épures géométriques de suspension, les cinématiques et a essayer de recréer une
technologie oubliée, puisque la moto mondiale travaille toujours sur les
compromis de la technologie de 1921 (Telesco classique et bras oscillant
derrière le pignon de sortie de boite) et posé toute une série de brevets. J’ai
donc collaboré en 1995 avec White Power et puis ensuite avec Aprilia sur des
projets de fourche à parallélogramme « dits » à bras tirés.
FB : Tes autres passions
EO : La cuisine et les vins sont mes autres passions mais il
faudrait autant de pages que la moto pour en parler !!!!
FB : Les pilotes que tu aimes bien aujourd'hui ?
EO : Les pilotes que j'aime aujourd’hui : Presque tous, mais
surtout Dovizioso et Guintoli.
FB : Fais tu encore de la moto ?
EO : Je ne pratique plus la moto, en dehors d’un circuit de
temps en temps, après un grave accident il y a un an.
FB : Motos possédées ?
EO : Motos possédées les + récentes : Suzuki SV 750 et
Marauder.
FB : Un projet en cours ?
EO : Le projet sur lequel je travaille en 2009 est justement
sur une machine d’architecture classique, mais dont les géométries permettent de
sortir de tous ces compromis.
En effet, ce qui est généralement inconnu des techniciens non technologues,
c’est que les réactions d’une machine proviennent des cinématiques des points de
contacts des pneus au sol ET NON DES ARCHITECTURES.
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