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L'album
photos personnel d'Alain Michel avec ses commentaires
Période
Solo - Période
Side Car
MOTO-Presse N° 16 du 21 décembre 1977. Par
Laurent Gomis .
Alain
Michel est un passionné, passionné de pilotage et de mécanique,
il a atteint à 24 ans , le meilleur niveau mondial en side-car , ce
qu'aucun français n'avait réussi avant lui . La consécration , il
l'a connue cette année au Grand Prix de France qu'il gagna devant
son public , en battant tous les ténors Anglais et Allemands . Pour
en arriver là , il lui a fallu une sacrée dose de courage et de
travail . Il n'a jamais aimé les études et dès qu'il a su tenir
en équilibre sur un vélo , il apprit à faire des roues arrières
et des dérapages . Vers 8 ans, il empruntait les mobylettes de ses
copains et affirmait déjà une technique de pilotage étonnante . A
treize ans il totalise quelques milliers de kilomètres en deux
roues et seulement quelques heures d'école . Comme par hasard il va
" bosser " chez un constructeur de formule France ,
alliant boulot et compétition . Ses premières motos , 125 puis 450
Honda , reçoivent d'entrée des modifications pour augmenter la
garde au sol et la tenue de route . Avec ses pot relevés et ses
pneus racing , il va rouler sur la route comme il l'aime : de plus
en plus vite . Mais les risques sont là et souvent , trop souvent
il chute et se retrouve à l'hôpital plusieurs fois dans un état
grave . Aussi , il vient tout naturellement à la vitesse sur
circuit et en course de côte .
Nous sommes en 1972 et il va
s'illustrer avec sa 450 Honda en Coupe des Quatre Saisons et en
Trophée 500.Bien sûr , la même moto servait aux deux épreuves
. Il passait son temps à la préparer pour les Trophées et à la
remettre d'origine pour la coupe . D'entrée les résultats sont là
: il gagne les Quatre Saisons et termine second des Trophés .
L'année suivante , il fait l'acquisition de sa première vraie moto
de course , une Yaml , TD2 . Hélas , sa machine est un vrai
piège et elle cassera tout le temps . Il fait du journalisme pour
un mensuel et son boulot de rédacteur-essayeur lui permet de gagner
un peu d'argent tout en conduisant des motos . Cela ne dure qu'un
temps , car la passion de la mécanique est la plus forte et en 74 ,
il s'installe à Ancône et ouvre un garage . Il vend sa 450 et
consacre son année à amortir les frais de lancement de son affaire
.
Tout se joue en 75 quand son beau-frère lui demande de s'occuper
d'un side-car de vitesse monté avec une 750 Kawasaki H2 . La H2
n'est pas vraiment solide et s'il réalise de bons temps aux essais
il casse tout le temps en course . Aussi en fin de saison , il
change de moteur et prend une Suzuki . Pendant la course d'Avignon ,
sa pompe à essence l'abandonne dès le troisième tour et alors
qu'il remballe le matériel , il apprend qu'il a réalisé le
troisième temps derrière Biland et Trachel , une sérieuse
référence ! Après un départ en tête il pulvérise ses
plaquettes de frein au bout de la ligne droite et termine au service
de la Croix-Rouge , pulvérisant palissades , ambulance et
infirmiers . Malgré ces quelques avatars , le pli est pris et Alain
décide de mettre le paquet . Pour cela , il achète une Yamaha TZ
quatre cylindres . Pour le chassis , son beau-frère , Jean-Louis
Chazanion , travaillant chez GEP et possédant lui aussi un side ,
s'en occupera . Le premier problème se pose au niveau des passagers
. Les garçons qui les accompagnent d'habitude ont décidé de
construire un bateau et de partir faire le tour du monde . C'est
alors qu'il fait connaissance de Garcia , qui l'a contacté pour se
faire construire , lui aussi , un side . Une fois le side construit
, Alain Michel emmène Garcia l'essayer au Castellet . Une fois dans
le panier , il se trouve bien et décide de faire équipe avec
Michel pour la saison .
Arrive le Grand Prix de France 1976 au Mans
, et le public découvre cet équipage Français totalement inconnu
qui prendra la seconde place . L'entente de l'équipe est parfaite
malgré le peu de moyens financiers dont ils disposent , ils tentent
la grande aventure des Grands Prix . Engagés de justesse en
Autriche , ils ne peuvent terminer que sixième , le moteur manquant
vraiment de souffle sur ce circuit très rapide . Cette place leur
permet quand même d'être en tête des championnats du monde . Une
seconde place et puis une sixième , vont-il créer la surprise chez
les sidecaristes ? Hélas , l'apprentissage des Grands Prix se fait
souvent à leurs dépends . Alors c'est l'abandon en Hollande , une
dixième place en Belgique , une neuvième en Tchécoslovaquie ,
puis ils passent à côté d'une performance étonnante en Allemagne
... Sur le Nurburgring , ils sont en tête devant l'Allemand Swarzel
, considéré comme le pilote le plus rapide du lot . Dans le
dernier tour , obligé de changer sa trajectoire , pour doubler un
attardé , Michel se paye un superbe demi-tour . Le side est trop
abimé pour repartir et c'est l'abandon . C'était le dernier G.P.
de la saison et ils terminent neuvième au championnat du monde .
Une belle performance pour une première année de participation au
Continental Circus . En championnat de FRANCE INTER , Ils remportent
toutes les épreuves et gagnent donc le titre sans grands problèmes
. Le bilan de la saison étant plutôt positif , l'hiver est
consacré à la fabrication d'un nouveau chassis dans lequel le
passager n'aura pas à sortir . Bernard Garcia a trouvé un autre
pilote , en la personne d'une jeune fille et il quitte la
compétition pour fonder une petite famille . Gérard Lecorre , qui
fut longtemps le passager de Pourcelet , sera le " singe "
77 .
Le début de saison 77 est satisfaisant , malgré une sortie de
route au Ricard dans la courbe des Signes lors des 200 miles . Ils
gagnent la course inter de Mettet et la nouvelle équipe est donc
fin prête pour attaquer les Grands Prix . Ils débutent en Autriche
et finissent troisième , le carénage qui supporte le pilote
s'étant à moitié détaché . Puis vient le G.P. d'Allemagne qui
se solde par une septième place à la suite d'un changement de pneu
au bout de quelques tours . Persuadé de repartir encore trente
secondes avant tout le monde après son arrêt , Michel ne force pas
et ne comprend pas son panneautage lui indiquant qu'il est seulement
septième , loin derrière le groupe de tête . Cette déception
sera effacée par sa victoire au G.P. de France toujours sur le
circuit du Castellet , qu'il connaît très bien . Le chassis était
parfaitement réglé , et ils purent , après l'abandon de Biland
dès le premier tour , faire le trou et remporter la course avec
plus de trente secondes d'avance sur le second O'Dell . Les
problèmes commencent à Spa où le chassis montre ses limites .
Dans les courbes " à fond ", qui caractérisent ce
circuit , il devient à géométrie variable et en plus certains
points d'ancrage importants comme ceux des triangles de roues sont
mal étudiés . Pendant l'hiver , Michel avait commencé un chassis
tubulaire pour Pourcelet , mais ne l'avait pas terminé . Aussi , il
se remet au travail et début août , le nouveau side fait ses
premiers tours de roue au Castellet . Aussitôt il se révèle très
efficace car il gagne deux secondes sur le petit circuit par rapport
à sa dernière séance d'essais avec l'ancien chassis . Un autre
moteur , à base d'OW 31 , c'est donc un attelage tout neuf que
Michel et Lecorre étrennent au G.P. de Tchécoslovaquie . Un mois
plus tard , c'est le Grand Prix de Hollande , sur le circuit très
technique d'Assen . Une superbe bagarre l'opposera au Suisse Biland
, mais ce jour-là , Michel devra se contenter de la seconde place .
Les pays de l'Est ne se montreront pas favorables à nos deux
compères . Plusieurs serrages aux essais , puis une casse de
vilebrequin dans les premiers tours de la course qui achèvera les
carter-moteurs . La semaine suivante , nous nous retrouvons en
Angleterre pour la dernière manche de ces championnats du monde 77
. Après un départ moyen , Michel double beaucoup de monde , dans
les gerbes d'eau soulevées par les autres équipages . Comme de la
buée se forme dans son casque , Michel profite de la ligne droite
pour prendre celle de Lecorre et essaye de la fixer . Mais rien ne
va plus et ils doivent s'arrêter , perdant de précieux points .
Alain se retrouve donc à la cinquième place de ces championnats du
monde . Une autre très bonne performance pour cette seconde année
, mais , vu les résultats de début de saison , tout le monde
espérait en silence un titre ou du moins un accessit . L'année
dernière 9e , cette année 5e , vous voyez ou je veux en venir ! A
l'année prochaine .
Belgique
86
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